Entraînement au Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIe siècle à nos jours - Français - Première S

Entraînement au Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIe siècle à nos jours - Français - Première S

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Entraînement au Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIe siècle à nos jours - Français - Première S

Le contenu du document

Ce sujet est un entraînement pour le bac de français qui se concentre sur le thème « Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours ». Nous te conseillons de le faire dans le temps règlementaire de l’épreuve, tu pourras ainsi t’entraîner à gérer ton temps (lecture, brouillon, rédaction…). Une fois que tu as terminé, tu peux consulter le corrigé sur notre site !

SUJET

Durée de l’épreuve : 4 heures

Objet d’étude : Le texte théâtrale et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours

Le sujet comprend :

TEXTE A : Roméo et Juliette, II, 2, William Shakespeare, 1597.

TEXTE B : Dom Juan, IV, 6, Molière, 1665.

TEXTE C : Cyrano de Bergerac, III, 1, Edmond Rostand, 1897.

TEXTE A : Roméo et Juliette, William Shakespeare, 1597, II, 2.

Le jardin de Capulet. Sous les fenêtres de l'appartement de Juliette. Entre Roméo. (…)

Juliette. – Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer, et je ne serai plus une Capulet.

Roméo, à part. – Dois-je l'écouter encore ou lui répondre ?

Juliette. – Ton nom seul est mon ennemi. Tu n'es pas un Montague, tu es toi-même. Qu'est-ce qu'un Montague ? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage, ni rien qui fasse partie d'un homme… Oh ! sois quelque autre nom ! Qu'y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s'appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu'il possède… Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.

Roméo. – Je te prends au mot ! Appelle-moi seulement ton amour et je reçois un nouveau baptême : désormais je ne suis plus Roméo.

Juliette. – Quel homme es-tu, toi qui, ainsi caché par la nuit, viens de te heurter à mon secret ?

Roméo. – Je ne sais par quel nom t'indiquer qui je suis. Mon nom, sainte chérie, m'est odieux à moi-même, parce qu'il est pour toi un ennemi : si je l'avais écrit là, j'en déchirerais les lettres.

Juliette. – Mon oreille n'a pas encore aspiré cent paroles proférées par cette voix, et pourtant j'en reconnais le son. N'es-tu pas Roméo et un Montague ?

Roméo. – Ni l'un ni l'autre, belle vierge, si tu détestes l'un et l'autre.

Juliette. – Comment es-tu venu ici, dis-moi ? et dans quel but ? Les murs du jardin sont hauts et difficiles à gravir. Considère qui tu es : ce lieu est ta mort, si quelqu'un de mes parents te trouve ici.

Roméo. – J'ai escaladé ces murs sur les ailes légères de l'amour : car les limites de pierre ne sauraient arrêter l'amour, et ce que l'amour peut faire, l'amour ose le tenter ; voilà pourquoi tes parents ne sont pas un obstacle pour moi.

Juliette. – S'ils te voient, ils te tueront.

Roméo. – Hélas ! il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs épées : que ton œil me soit doux, et je suis à l'épreuve de leur inimitié.

Juliette. – Je ne voudrais pas pour le monde entier qu'ils te vissent ici.

Roméo. – J'ai le manteau de la nuit pour me soustraire à leur vue. D'ailleurs, si tu ne m'aimes pas, qu'ils me trouvent ici ! J'aime mieux ma vie finie par leur haine que ma mort différée sans ton amour.

Juliette. – Quel guide as-tu donc eu pour arriver jusqu'ici ?

Roméo. – L'amour, qui le premier m'a suggéré d'y venir : il m'a prêté son esprit et je lui ai prêté mes yeux. Je ne suis pas un pilote ; mais, quand tu serais à la même distance que la vaste plage baignée par la mer la plus lointaine, je risquerais la traversée pour une denrée pareille.

Juliette. – Tu sais que le masque de la nuit est sur mon visage ; sans cela, tu verrais une virginale couleur colorer ma joue, quand je songe aux paroles que tu m'as entendue dire cette nuit. Ah ! je voudrais rester dans les convenances ; je voudrais, je voudrais nier ce que j'ai dit. Mais adieu, les cérémonies ! M'aimes-tu ? Je sais que tu vas dire oui, et je te croirai sur parole. Ne le jure pas : tu pourrais trahir ton serment : les parjures des amoureux font, dit-on, rire Jupiter… Oh ! gentil Roméo, si tu m'aimes, proclame-le loyalement : et si tu crois que je me laisse trop vite gagner je froncerai le sourcil, et je serai cruelle, et je te dirai non, pour que tu me fasses la cour : autrement, rien au monde ne m'y déciderait… En vérité, beau Montague, je suis trop éprise, et tu pourrais croire ma conduite légère ; mais crois-moi, gentilhomme, je me montrerai plus fidèle que celles qui savent mieux affecter la réserve. J'aurais été plus réservée, il faut que je l'avoue, si tu n'avais pas surpris, à mon insu, l'aveu passionné de mon amour : pardonne-moi donc et n'impute pas à une légèreté d'amour cette faiblesse que la nuit noire t’a permis de découvrir. 

Roméo. – Madame, je jure par cette lune sacrée qui argente toutes ces cimes chargées de fruits !…

Juliette. – Oh ! ne jure pas par la lune, l'inconstante lune dont le disque change chaque mois, de peur que ton amour ne devienne aussi variable !

TEXTE B : Dom Juan, Molière, 1665, IV, 6.

DOM JUAN, à Sganarelle. Tu pleures, je pense.

SGANARELLE. Pardonnez-moi.

DONE ELVIRE. — C'est ce parfait et pur amour qui me conduit ici pour votre bien, pour vous faire part d'un avis du Ciel, et tâcher de vous retirer du précipice où vous courez. Oui, Dom Juan, je sais tous les dérèglements de votre vie, et ce même Ciel qui m'a touché le cœur, et fait jeter les yeux sur les égarements de ma conduite, m'a inspiré de vous venir trouver, et de vous dire de sa part que vos offenses ont épuisé sa miséricorde, que sa colère redoutable est prête de tomber sur vous, qu'il est en vous de l'éviter par un prompt repentir, et que peut-être vous n'avez pas encore un jour à vous pouvoir soustraire au plus grand de tous les malheurs. Pour moi, je ne tiens plus à vous par aucun attachement du monde. Je suis revenue, grâces au Ciel, de toutes mes folles pensées, ma retraite est résolue, et je ne demande qu'assez de vie pour pouvoir expier la faute que j'ai faite, et mériter par une austère pénitence le pardon de l'aveuglement où m'ont plongée les transports d'une passion condamnable ; mais, dans cette retraite, j'aurais une douleur extrême qu'une personne que j'ai chérie tendrement, devînt un exemple funeste de la justice du Ciel, et ce me sera une joie incroyable, si je puis vous porter à détourner de dessus votre tête, l'épouvantable coup qui vous menace. De grâce, Dom Juan, accordez-moi pour dernière faveur cette douce consolation, ne me refusez point votre salut, que je vous demande avec larmes, et si vous n'êtes point touché de votre intérêt ; soyez-le au moins de mes prières, et m'épargnez le cruel déplaisir de vous voir condamner à des supplices éternels.

SGANARELLE. — Pauvre femme !

DONE ELVIRE. — Je vous ai aimé avec une tendresse extrême, rien au monde ne m'a été si cher que vous, j'ai oublié mon devoir pour vous, j'ai fait toutes choses pour vous, et toute la récompense que je vous en demande, c'est de corriger votre vie, et de prévenir votre perte. Sauvez-vous, je vous prie, ou pour l'amour de vous, ou pour l'amour de moi. Encore une fois, Dom Juan, je vous le demande avec larmes, et si ce n'est assez des larmes d'une personne que vous avez aimée, je vous en conjure par tout ce qui est le plus capable de vous toucher.

SGANARELLE. — Cœur de tigre !

DONE ELVIRE. — Je m'en vais après ce discours, et voilà tout ce que j'avais à vous dire.

DOM JUAN. — Madame, il est tard, demeurez ici, on vous y logera le mieux qu'on pourra.

DONE ELVIRE. — Non, Dom Juan, ne me retenez pas davantage.

DOM JUAN. — Madame, vous me ferez plaisir de demeurer, je vous assure.

DONE ELVIRE. — Non, vous dis-je, ne perdons point de temps en discours superflus, laissez-moi vite aller, ne faites aucune instance pour me conduire, et songez seulement à profiter de mon avis.

TEXTE C : Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897, III, 7.

Roxane, Christian, Cyrano, d’abord caché sous le balcon.(…)

ROXANE. Eh bien ! si ce moment est venu pour nous deux,

Quels mots me direz-vous ?

CYRANO. Tous ceux, tous ceux, tous ceux

Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,

Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j’étouffe,

Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ;

Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot,

Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,

Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne !

De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé.

Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai,

Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !

J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure

Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil,

On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,

Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes,

Mon regard ébloui pose des taches blondes !

ROXANE, d’une voix troublée. Oui, c’est bien de l’amour…

CYRANO. Certes, ce sentiment

Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment

De l’amour, il en a toute la fureur triste !

De l’amour, – et pourtant il n’est pas égoïste !

Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,

Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien,

S’il se pouvait, parfois, que de loin, j’entendisse

Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !

– Chaque regard de toi suscite une vertu

Nouvelle, une vaillance en moi ! Commences-tu

À comprendre, à présent ? voyons, te rends-tu compte ?

Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?…

Oh ! mais vraiment, ce soir, c’est trop beau, c’est trop doux !

Je vous dis tout cela, vous m’écoutez, moi, vous !

C’est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,

Je n’ai jamais espéré tant ! Il ne me reste

Qu’à mourir maintenant ! C’est à cause des mots

Que je dis qu’elle tremble entre les bleus rameaux !

Car vous tremblez, comme une feuille entre les feuilles !

Car tu trembles ! car j’ai senti, que tu le veuilles

Ou non, le tremblement adoré de ta main

Descendre tout le long des branches du jasmin !

(Il baise éperdument l’extrémité d’une branche pendante.)

ROXANE. Oui, je tremble, et je pleure, et je t’aime, et suis tienne ! Et tu m’as enivrée !

ÉCRITURE

I. Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Vous étudierez dans ces trois extraits la nature de la relation entre l’homme et la femme.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire 

Vous ferez le commentaire du texte B.

  • Dissertation 

Eugène Ionesco disait : « Tout est langage au théâtre, les mots, les gestes, les objets. Il n’y a pas que la parole. »

Vous discuterez cette assertion et direz en quoi l’on peut dire que le théâtre ne se résume pas seulement à un texte.

  • Invention

Vous êtes metteur en scène et vous écrivez une note d’intention pour la mise en scène de l’extrait de Shakespeare.

Fin de l'extrait

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