Corrigé Français - Bac S Polynésie 2016

Corrigé Français - Bac S Polynésie 2016

Nous vous proposons le corrigé de Français du Bac S de Polynésie 2016.

Profitez de la correction de l'épreuve anticipée de Français du Bac S de Polynésie 2016 pour vous entraîner à l'épreuve finale de Métropole ! L'objet d'étude de ce sujet est "Ecriture poétique et quête de sens, du Moyen-Âge à nos jours". Notre professeur a tout d'abord répondu à la question de corpus "Pour quelles raisons les trois poètes du dorpus accordent-ils une place importante au futur ?", puis a rédigé tous les travaux d'écriture à savoir lecommentaire du texte de Louis Aragon, la dissertation "Pour interpeller la société, pour éveiller la conscience humaines, que gagne l'écrivain à s'exprimer dans une forme poétique ?", et l'écriture d'invention.
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Corrigé Français - Bac S Polynésie 2016

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QUESTION DE CORPUS

Pour quelles raisons les trois poètes du corpus accordent-ils une place importante au futur ?

Le corpus se compose de trois textes poétiques, tous écrits par un poète engagé politiquement en son temps : dans "Le Jeu de Paume" (texte A), André Chénier évoque son engagement dans le mouvement révolutionnaire de 1789 ; dans "Lux" (texte B), Hugo évoque les lendemains heureux de la révolte contre Louis-Napoléon Bonaparte ; et dans "Fable du navigateur et du poète" (texte C), Louis Aragon rappelle son engagement contre le franquisme espagnol. La révolte politique est la principale raison de la place importante accordée au futur dans ces textes.

Tout d'abord, l'évocation du futur dans le texte de Chénier est une forme de menace pour ses ennemis politiques : "Tremblez ! Ses yeux lancent l'éclair / Il faudra comparaître et répondre vous-même".

Mais l'évocation du futur dans ces textes poétiques permet également aux poètes de décrire un paysage politique heureux, correspondant aux idées qu'ils défendent, comme dans le texte de Victor Hugo : "Les tyrans s'éteindront comme des météores" (texte B, vers 13), "Liberté ! Plus de serf et plus de prolétaire !" (v. 22). C'est également le cas dans l'avant-dernière strophe du poème d'Aragon qui nous est proposé : "Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange (...) Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront" (vers 63 à 65).

Enfin, l'évocation du futur dans ces textes veut consoler les peuples qui ont souffert, leur montrer que la lutte qu'ils ont menée sera plus tard glorifiée : "Là, juge incorruptible, et la main sur sa foudre, / Elle entendra le peuple (...)" (texte A, vers 32 à 34), "Et nous qui serons morts, morts dans l'exil peut-être / Martyrs saignants, pendant que les hommes, sans maître (...)" (dernière strophe du texte B),


TRAVAUX D'ECRITURE

COMMENTAIRE

Vous ferez le commentaire du texte de Louis Aragon (texte C)


Introduction

Louis Aragon, homme engagé en littérature comme en politique, s'est opposé aux fascismes européens lors de leur émergence. Dans la "Fable du navigateur et du poète", poème tout en quatrains et en alexandrins, il revient sur l'assassinat d'un autre homme engagé, Federico Garcia Lorca, tué par les franquistes en Andalousie. Le récit de sa mort, provoquant l'indignation et la révolte du poète contre les tyrans, l'amène à considérer un monde meilleur.

Comment l'assassinat de Federico Garcia Lorca par les franquistes donne-t-il au poète la possibilité d'envisager un monde meilleur ?

L'assassinat du poète est le prétexte à la révolte du poète contre le régime franquiste. L'espoir renaissant, Aragon considère un futur meilleur.


I. L'assassinat d'un poète

A. La représentation du meurtre de Lorca

L'assassinat de Lorca est représenté dans le texte :

• Mention du lieu avant la mention du nom : "Grenade" l. 42

• Mention du nom de Lorca, l. 43

• Le poète est caractérisé par sa parole : "Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu" : synecdoque "cette bouche" pour la parole du poète, et importance du silence. L'essentiel de la poésie de Lorca n'est pas ses écrits, mais sa parole.

• Champ lexical de la parole et du silence : "bouche", "tu", "silence", "fracas" : dans la deuxième strophe.

• L'horreur du meurtre du poète est symbolisée par l'homonymie entre "tu" et "tue", à la rime, dans la deuxième strophe. A noter que "tu", participe passé du verbe taire, peut également évoquer le pronom personnel de la deuxième personne, et ainsi inclure le lecteur dans son discours.


B. La représentation de l'ennemi franquiste

L'ennemi franquiste est également représenté dans le texte. Pourtant, les franquistes ne sont pas désignés directement, mais plutôt par la périphrase "ses bourreaux" v. 43 : le possessif "ses" désigne les "bourreaux" en opposition de Lorca.

L'usage des adverbes de lieu renforce cette opposition : "Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux / A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime" : les bourreaux sont les ennemis de Lorca, d'Aragon, et du camp républicain dans lequel ces derniers se rangent.

Champ lexical de la violence : "bourreaux" v. 41, "crime" v. 42, le polyptote "violents" et "violence" au vers 45 (les termes étant soulignés par une double diérèse), "tue" v. 46


C. L'image du phénix : le bien renaît des cendres du poète

Bien que caractérisé comme acte violent, l'assassinat de Lorca est également ce qui permet la naissance de la révolte chez le poète et les siens : en cela, il génère un mouvement positif.

Dans la première strophe, une anastrophe vient placer en premier vers une périphrase hyperbolique, représentant les qualités des indignés : "Tout ce que l'homme fut de grand et sublime". Le registre lyrique se poursuit au vers suivant : "Sa protestation ses chants et ses héros" : la diérèse portant sur "protestation" vient souligner le terme.

Ces qualités des révoltés surgissent "aujourd'hui devant le crime", c'est-à-dire qu'elles sont une réaction au meurtre de Lorca. Le surgissement, la soudaineté de ces émotions se manifeste également dans la deuxième strophe, par l'adverbe de temps "tout à coup".


Dans la deuxième strophe, une opposition est créée entre la parole tuée du poète, et le silence terrible qu'elle engendre : "Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu / Emplissant tout à coup l'univers de silence" : notez l'antithèse entre le verbe "emplir" et le terme de "silence"

Au vers suivant : "Contre les violents tournent la violence" : le silence devient une arme qu'on retourne contre l'ennemi : "contre", "tournent"

Aux vers 44 et 45, rime entre "silence" et "violence"

Antithèse entre "fracas" vers 46 et "silence" vers 44 : le silence est bruyant


II. La révolte du poète et des siens

A. L'indignation

L'indignation du poète ne porte pas seulement contre le meurtre de Lorca, mais plus généralement contre les oppressions du régime franquiste, et même des fascismes européens.

• L'absence de ponctuation dans le poème peut représenter l'indignation, le ton éreinté et résolu que le poète emploie contre le régime qu'il veut supprimer

• Interjection "Dieu" au vers 46, et onomatopée "Ah" au vers 47

• Anaphore "Quoi", en début de strophes 4, 5 et 6

• Accumulation : "Et la.../ Et le...", aux vers 49 et 50, représentation de l'exaspération que le poète ressent face à la domination franquiste

• Syntaxe bousculée, proche de l'anacoluthe (construction inhabituelle ou rupture de la cohérence syntaxique, dans la quatrième strophe) ; en rupture avec la régularité du poème (suite de quatrains en alexandrins à rimes embrassées)


B. Le portrait d'une répression violente et injuste

Le poète fait le portrait de la répression franquiste – ou, plus généralement, fasciste.

• Champ lexical de l'horreur : "Bête", "feu", "atroce", "assassins", "poignard"

• Les franquistes sont décrits comme tout-puissants, grâce à leur violence : chiasme : "ces assassins que craignent les panthères / Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché" : ici les termes représentant les franquistes (synecdoque leur main) encadrent des termes symbolisant la menace (panthères et poignard), qu'ils ont soumis, comme le montre l'usage des deux verbes de peur : craindre et trembler. Le chiasme symbolise la victoire des franquistes, leur domination.

Au vers 62 : "Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou" est un autre chiasme ayant la même portée symbolique

• Ils instaurent un régime d'inégalité : antithèse "des manières de rois et des fronts prosternés" au vers 56, les "rois" étant une métaphore pour les tyrans, tandis que la synecdoque les "fronts" une incarnation des peuples injustement soumis.

• Ils asservissent le peuple par la violence : champ lexical de l'asservissements : "fronts prosternés, "enfant", "bagnes", "chair sous la roue", etc.


C. L'incarnation du mal absolu

Les franquistes sont le mal absolu, qu'il faut combattre

• Usage d'allégories : "La Bête"

• Usage de métaphores et de synecdoques : "la pierre", "le feu"

• Usage d'adverbes de temps exprimant l'infini, qu'il faut combattre. Répétition de "toujours" v. 51, 59 et 60 ; et adjectif "incessant" au vers 52

• Cette idée d'absolu et d'infini trouve son écho dans les allégories et métaphores religieuses : "La Bête" est un synonyme de Satan, tandis que la représentation des victimes des franquistes rejoint l'imagerie christique : "Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou" : image de la main clouée, à rapprocher de la crucifixion.

De même, le vers 58, "les blés déchiquetés toujours des sauterelles", est une allusion biblique (le huitième fléau dans l'exode).


III. Envisager un nouveau futur

A. La gloire des révoltés

La référence à la gloire des révoltés ouvre notre texte : "Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime / Sa protestation ses chants et ses héros" : lexique de la gloire + lyrisme + usage du passé simple, allusion à l'intemporel.

Intemporalité également dans la référence au "tendre infini" du vers 70


B. Rêver un monde meilleur

Fin du poème, usage du futur, correspond à l'expression du rêve d'un monde meilleur.

Anaphore "Un jour" dans l'avant-dernière strophe, le terme est encore mis en valeur par sa répétition aux vers 63 et 64, à chaque fois sur le sixième temps du vers.

• L'amour : polyptote du verbe aimer, aux vers 65 et 68 ; expression "les yeux des pervenches", à la fois personnification de la fleur (symbole amoureux) et jeu de mots ludique avec l'expression "les yeux pervenches" pour désigner des yeux bleus ; "la jeunesse d'aimer" ; "le tendre infini dont m'entourent tes bras"

• Le renouveau : comparaison de l'oiseau sur la plus haute branche au vers 66, usage de comparatifs de supériorité au vers 69, et de superlatifs aux vers 66 et 67

• Le renouveau des couleurs : orange au vers 63, mais aussi vert avec la mention des "feuillages" au vers suivant, bleu avec "pervenche", "blanches" au vers 69 (ces deux derniers adjectifs de couleur sont mis en parallèle à la rime)

Le poète rêve une renaissance du monde.


C. L'espoir contre le désespoir

Ce nouveau monde envisagé au futur est une vision d'espoir, d'espérance. Elle vient remédier au désespoir que le poète disait ressentir plus haut dans le poème : "Ah je désespérais" au vers 47 + épizeuxe "Je voyais je voyais" au vers 48, expression du désarroi + répétition des adverbes "toujours"

Pourtant, le poème s'achève par un vers isolé connotant le désespoir : "Où t'en vas-tu mon coeur à cette heure des larmes" : la question rhétorique sans marque interrogative, l'apostrophe mon coeur, ainsi que la périphrase "cette heure des larmes", désignant le moment présent, montre que le poète est encore plongé, au moment de l'écriture du texte, dans le désespoir.


Conclusion

"La Fable du navigateur et du poète" d'Aragon se présente donc comme une invocation de l'espoir, alors que le poète vit des moments troubles, suivant l'assassinat du poète et compagnon de route Federico Garcia Lorca. Fable engagée et engageante, ce texte ne nie pas cependant les moments de désespoir que connaissent les hommes lors des périodes de domination fasciste.


DISSERTATION

Pour interpeller la société, pour éveiller la conscience humaine, que gagne l'écrivain à s'exprimer dans une forme poétique ?

Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur les oeuvres poétiques que vous avez étudiées et lues.


NB. Divers plans étaient possibles. Nous donnons ici l'exemple d'un plan basique en deux parties ; mais une troisième partie, par exemple consacrée à la poésie engagée, était également envisageable.


Introduction

La forme poétique a souvent été employée par l'écrivain désireux de convaincre et de persuader son lecteur, et plus particulièrement dans la poésie engagée politiquement, comme l'illustrent les textes du corpus. D'André Chénier, dont la poésie s'engage aux côtés des révolutionnaires, à Louis Aragon, engagé contre les fascismes, les poètes comprennent les avantages de la forme poétique pour argumenter. C'est que la poésie interpelle, retient le lecteur, non seulement en raison de sa forme, mais aussi parce qu'elle évoque avant tout ce qui est proprement humain.

Pour interpeller la société, pour éveiller la conscience humaine, que gagne l'écrivain à s'exprimer dans une forme poétique ?

La forme poétique est particulièrement adaptée pour interpeller le lecteur ; mais si elle le retient et si elle parvient à éveiller sa conscience, c'est avant tout parce qu'elle parle à l'âme humaine.


I. La forme poétique interpelle lecteur

A. Forme brève et fragment

La forme poétique est principalement une forme brève, si on la compare à des genres comme le roman, le théâtre ou le texte argumentatif, et si on excepte les longs poèmes antiques (Homère).

Tout d'abord, cette brièveté est héritière de la dimension orale de la poésie, et permet une mémorisation plus rapide.

En outre, cette brièveté autorise l'écrivain à donner un accès rapide à son argument, à la moralité qu'il désire prouver.

Exemple : le genre de la fable met une moralité en avant, parfois en la distinguant formellement. C'est le cas de certaines fables de La Fontaine : par exemple "le Loup et l'Agneau" débute par l'énoncé de la moralité, "La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Exemple 2 : "le Dormeur du val" de Rimbaud. La brièveté de la forme poétique permet à l'écrivain de créer une atmosphère de paisibilité, et de la troubler simplement avec le dernier vers : "Il a deux trous rouges au côté droit".


B. Simplicité narrative

Conséquence de la brièveté de la forme poétique, la simplicité narrative est également un moyen ludique d'interpeller le lecteur :

Exemple : "Chanson des escargots qui vont à l'enterrement", de Jacques Prévert


C. La stylistique poétique contribue à la mémorisation par le lecteur

Enfin, les caractéristiques stylistiques de la poésie aident le lecteur à mémoriser, à être interpellé. Les rimes, les rythmes métriques, y contribuent. C'est aussi le cas des figures de style :

• l'anaphore : "Je n'aime plus la rue Saint Martin" dans "Couplets de la Rue Saint Martin" de Desnos ; "Souviens-toi Barbara" dans "Barbara de Prévert

• l'épiphore : "J'écris ton nom" dans "Liberté" de Paul Eluard

... et autres figures de répétition.


III. La forme poétique, un accès à l'âme du lecteur

A. Les topoi poétiques parlent à l'humain

Certaines thématiques chéries par le genre poétique sont l'incarnation des angoisses et des passions humaines :

• le passage du temps : "l'Horloge" de Baudelaire ; "Quand vous serez bien vieille..." de Ronsard ; "le Lac" de Lamartine

• la nostalgie : "Heureux qui comme Ulysse..." de Du Bellay ; "Aux Feuillantines" de Victor Hugo

• l'amour

• la mort : "la Charogne" de Baudelaire


B. Les registres employés

La forme poétique permet l'emploi de nombreux registres, par exemple les registres pathétique et lyrique :

• registre pathétique dans la "Fable du navigateur et du poète" de Louis Aragon, interpelle le lecteur

• registre lyrique dans "Le Jeu de Paume" d'André Chénier et dans "Lux" de Victor Hugo, enthousiasme le lecteur


C. Une longue tradition poétique

La longue tradition poétique, remontant à l'Antiquité, est également une dimension donnant à la forme poétique un accès direct à l'humanité du lecteur.

Exemple. Réécritures, reprises d'un même thème.


ECRITURE D'INVENTION

Une anthologie paraît, intitulée Les poètes inventent l'avenir. Vous écrirez la préface qui présente ce recueil de poèmes, où figurent notamment les trois textes du corpus. Vous pourrez également faire référence aux poèmes étudiés en classe et à vos lectures personnelles.


Pour bien répondre au sujet, vous deviez écrire une préface, c'est-à-dire un texte présentant une oeuvre, dans le cas présent une anthologie de poésies sur la thématique du futur.

Votre texte devait présenter les poèmes choisis dans le recueil. Vous deviez donc, avant d'écrire, réfléchir à un ensemble de textes poétiques qui auraient pu figurer dans une telle anthologie. Cet ensemble de textes devait se composer des trois textes du corpus, ainsi que de textes étudiés en classes, ou connus lors de vos lectures personnelles.

Pour choisir au mieux ces textes, ainsi que pour les évoquer au mieux, vous deviez donc réfléchir aux autres dimensions que le thème du futur peut acquérir en poésie : fantastique, utopie, rêve réalisé, etc.

Fin de l'extrait

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