Correction Français - Bac S 2017 Washington

Correction Français - Bac S 2017 Washington

Le corrigé de l'épreuve anticipée de Français du Bac S 2017 de Washington (Amérique du Nord) est dès à présent disponible.
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Ce sujet amenait les candidats à réfléchir sur la relation entre le personnage de roman, et les lieux qui l'environnent, tels qu'ils sont décrits par l'auteur. Les trois exercices d'écritures interrogeaient précisément le futur bachelier sur le rôle des passages descriptifs dans le roman : s'ils promettaient un exercice de pensée original, ils nécessitaient tout de même une certaine culture littéraire pour être menés au mieux !

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Correction Français - Bac S 2017 Washington

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QUESTION DE CORPUS

Comment sont montrés, dans chacun de ces quatre textes, les sentiments positifs ressentis par les personnages ?

Ce corpus de textes, composé d'un extrait de la Chartreuse de Parme de Stendhal, de Paris d'Emile Zola (texte B), de l'Immoraliste d'André Gide (texte C) et des Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar (texte D), rassemble des passages dans lesquels les personnages romanesques sont éblouis par des paysages : le panorama du lac de Côme émerveille la comtesse de Stendhal, le spectacle de Paris baigné dans le soleil impressionne les personnages zoliens, Marceline et Michel, dans l'œuvre d'André Gide, sont fascinés par la visite d'une oasis algérienne, et l'empereur Hadrien se remémore, sous la plume de Yourcenar, une nuit dans le désert syrien.

Comment ces descriptions de paysages permettent-elles de montrer les sentiments positifs ressentis par les personnages ?

 

Premièrement, la beauté même des paysages décrits suggère au lecteur que les personnages romanesques ne peuvent qu'être impressionnés favorablement par cette vision. Ainsi, ces paysages sont dépeints d'une manière laudative par leurs auteurs. Stendhal émaille sa description des abords du lac de Côme par des adjectifs qualificatifs mélioratifs : les lieux que la comtesse visite en compagnie de Fabrice sont "enchanteurs" (l. 1), "sublimes et gracieux" (l. 6), ou encore "ravissants" (l. 29). Zola utilise un lexique évoquant la richesse pour décrire Paris baignée d'or : "extraordinaire magnificence" (l. 4), "poussière d'or" (l. 6), "divin soleil" et "grains d'or" (l. 8), etc., créant ainsi un univers lumineux ; alors que Yourcenar fait des astres les richesses du paysage qui éblouit Hadrien : le terme répété de "constellations" (l. 1) côtoie ceux de "flamme et de cristal" (l. 4 et 5), ou de "étoile polaire" (l. 6) et de "zénith" (l. 9).  Quant à l'oasis décrit par Gide, il semble être un véritable havre de paix : "un lieu plein d'ombre et de lumière ; tranquille, et qui semblait à l'abri du temps" (l. 24 – 25). Comment imaginer que ces lieux merveilleux soient autre chose que des lieux d'émerveillement, pour les personnages qui s'y trouvent ?

 

Par ailleurs, la réaction des personnages face au magnifique paysage est toujours notée par l'auteur. Zola, surtout, dans l'extrait de Paris, insiste sur l'effet du paysage sur ses personnages : Marie exprime son émerveillement au discours direct, un discours marqué par les exclamations ("regarde, regarde comme c'est beau !" l. 21), et par la répétition de l'injonction au regard : "Voyez donc ! Voyez donc !" (l. 2 et 18). De même, les sentiments positifs des personnages se retrouvent dans leur attitude physique : "Pierre, frémissant, était venu se serrer contre elle. Et Mère-Grand souriait" (l. 22) ; "Marie, d'un beau geste d'enthousiasme, leva son enfant très haut, au bout de ses deux bras" (l. 26). Les narrateurs des textes de Gide et de Yourcenar décrivent directement les émotions qui les submergent : "Je marchais dans une sorte d'extase, d'allégresse silencieuse, d'exaltation des sens et de la chair" (texte C, l. 19 – 20) ; "J'ai connu plus d'une extase ; il en est d'atroces ; et d'autres d'une bouleversante douceur. Celle de la nuit syrienne fut étrangement lucide." (l. 16 – 18). Enfin, dans le texte de Stendhal, l'adéquation entre le personnage et le paysage est si forte, que la comtesse semble entendre la nature s'adresser à elle, pour lui donner des conseils d'ordre philosophique : "ces sons (...) semblent dire à l'homme : La vie s'enfuit, ne te montre donc point si difficile envers le bonheur qui se présente, hâte-toi de jouir" (l. 28 – 29). Les sentiments positifs des personnages face au paysage décrit sont donc exprimés très directement.

 

Cependant, ces émotions positives se devinent également d'une autre manière : l'adéquation entre le personnage et le décor environnant est si forte, que ces paysages font l'objet de personnifications, et semblent annoncer aux personnages un futur plein d'espoir. C'est le sens du message qu'entend la comtesse de Stendhal, lors de sa promenade autour du lac de Côme, qui lui enjoint de profiter de la vie ; c'est aussi ce que devine le lecteur de Gide, au léger changement d'atmosphère qui s'opère juste avant que Michel et Marceline n'entrent dans l'oasis : "A ce moment, des souffles légers s'élevèrent ; toutes les palmes s'agitèrent et nous vîmes les palmiers les plus hauts s'incliner ; - puis l'air entier redevint calme, et j'entendis distinctement, derrière le mur, un chant de flûte." (l. 20 – 23). Hadrien découvre un ciel en mouvement, annonçant des bouleversements historiques : "L'Aigle montait vers le zénith, toutes ailes ouvertes" (l. 9), "la nuit (...) se fit plus obscure, puis plus claire" (l. 12). Enfin, le Paris de Zola exprime l'espoir que ses personnages ont tant cherché : "et Mère-Grand souriait, ainsi que Bertheroy, à tout cet avenir qu'ils ne verraient pas" (l. 22 – 23), et l'enfant, tendu par sa mère vers Paris, incarne cet espoir de renouveau : "mon petit, c'est toi qui moissonneras tout ça" (l. 28). Le romancier ne conclut-il pas sur ces mots : "Paris flambait (...) roulant dans sa gloire la moisson future de vérité et de justice." (l. 30 – 31).

 

Ainsi, les sentiments d'émerveillement ressentis par les personnages sont transcrits de différentes manières : ils se devinent derrière la description laudative du cadre dans lequel ils évolent, ils sont décrits plus directement, puis on devine, à travers les changements dans le paysage, les espoirs de renouveau que ces personnages cultivent.

 

SUJET D'ECRITURE

COMMENTAIRE

Vous commenterez l'extrait de L'Immoraliste d'André Gide (texte C).

NB. Nous vous proposons ici un plan de commentaire. Les articulations de ce plan, destinées à guider votre réflexion, ne devaient en aucun cas apparaître sur votre copie. Par ailleurs, gardez à l'esprit que d'autres plans cohérents, illustrés d'exemples différents, étaient bien entendu envisageables.

 

Introduction

Lorsqu'il écrit l'Immoraliste en 1902, André Gide n'a pas l'ambition d'écrire un roman au sens traditionnel du terme ; c'est pourquoi il préfère qualifier son texte de récit. Michel, le protagoniste, a pourtant toutes les caractéristiques d'un personnage de roman : personnage fictionnel, qui ne porte pas le nom de l'auteur, et dont les paroles sont rapportées par un tiers, il vit des événements, et évolue au cours du récit. Le passage qui est l'objet de notre analyse est d'ailleurs témoin d'une métamorphose du personnage de Michel : alors qu'il sort d'une convalescence, son épouse Marceline l'emmène se promener vers une oasis, en Algérie, où ils sont en voyage de noces. Le paysage merveilleux contribuera au bouleversement que vivra Michel.

En quoi peut-on dire que la description des lieux de la promenade contribue à la révélation que vit le protagoniste ?

La promenade que mène Michel, au bras de Marceline, est sensée le revigorer. Elle le mènera vers un espace merveilleux, celui de l'oasis et du chemin qui y mène. Ces lieux seront ceux d'un bouleversement mystique et sensuel.

 

I. Une promenade revigorante...

A. L'attrait de la liberté

La perspective d'une promenade vers les vergers de l'oasis est perçue par Michel comme une libération, après sa longue convalescence.

Champ lexical de la liberté : "le grand air et la marche" et "liberté", l. 3 ; "longues courses" l. 4 et 5 ; "marcher" l. 7, "sortîmes" l. 8. "Sortîmes" : l'usage du passé simple isole une action d'importance.

Champ lexical du bonheur : "joie" l. 1, "aimait" l. 2, "éblouie" l. 4, "plaisirs" l. 5, "jouir" l. 6, etc.

 

B. Un rétablissement qui sera une renaissance

Cette promenade a lieu lors du rétablissement de Michel d'une longue maladie : ce rétablissement sera une renaissance pour le personnage. Les marqueurs temporels dans le premier paragraphe du texte montrent cette renaissance, d'autant qu'ils sont assortis du lexique du rétablissement physique : "ma santé enfin revenir" l. 1, "déjà" suivi de "Mais à présent que j'allais mieux", l. 6.

 

C. Marceline, guide attentive de Michel vers son rétablissement

Marceline, jeune épousée de Michel, guide son mari vers le rétablissement, et donc vers l'oasis : "Marceline (...) commençait depuis quelques jours à me parler" (l. 1 et 2), "elle comptait sur leur attrait pour achever de me remettre" (l. 6 et 7), "nous sortîmes ensemble" (l. 8), "Marceline me regardait" (l. 18).

 

II. ...dans un espace merveilleux...

A. Un lieu d'exception

Le lieu dans lequel Marceline guide son mari est exceptionnel : "bizarre" (l.9), "tel que dans aucun pays je n'en vis jamais de pareil" (l. 9 – 10). Effectivement, la topologie du lieu semble étrange, puisqu'il s'agit d'un chemin bordé de murs ("deux assez hauts murs de terre" l. 10), qui empêchent le promeneur d'apercevoir clairement le lieu vers lequel il se dirige ("par-dessus les murs, des palmiers" l. 17 – 18).

 

B. Un lieu universel

Le lieu dans lequel Marceline guide Michel est marqué par l'universalité. Ainsi, tout est fait de la même terre, les murs, le chemin, et l'oasis : "les murs sont faits avec la terre même de la route, celle de l'oasis entière" (l. 13 et 14) – ici l'adjectif épithète "entière" est à rapprocher du thème de la totalité, de l'universalité.

Cette terre mêle deux couleurs, et cette couleur peut varier : "une argile rosâtre ou gris tendre, que l'eau rend un peu plus foncée" (l. 15).

De même, l'aspect de la terre varie : "craquelle", "durcit", en antithèse avec "mollit" (l. 16).

Elle varie sous l'effet du soleil et de l'eau, éléments antithétiques : "soleil ardent" l. 15, "première averse" l. 16.

 

C. Un espace onirique

La visite de cet espace est marqué par l'onirisme, par le rêve.

Personnification des éléments : "il circule comme indolemment" l. 10, "il se courbe ou brise sa ligne" l. 12, "l'eau fidèle de la rivière" l. 13

Sentiment de perte du personnage, dans un espace qui devient labyrinthique : "un détour vous perd" l. 12 ; "on ne sait plus ni d'où l'on vient, ni où on va" l. 12 – 13 – remarquons ici l'usage du pronom personnel "On", qui marque la généralité, et l'antithèse entre "d'où l'on vient", qui marque la provenance, et "où on va", qui désigne le but.

Multiplication des phrases averbales ou semi-averbales, mimant l'espace du rêve : "Par-dessus les murs, des palmiers" l. 17 – 18, "Une brèche au mur ; nous entrâmes" l. 23.

 

III. ... qui amène le personnage à un bouleversement mystique

Ce qui ne devait être qu'une promenade de santé amène le personnage de Michel à un bouleversement mystique.

 

A. Une rupture dans l'environnement

Ainsi, nous notons une multiplication des indices dans le texte pour indiquer une rupture, un changement :

Marqueurs temporels évoquant l'événement soudain : "A ce moment" l. 20

Usage du passé simple : "des souffles s'élevèrent" l. 21, "nous entrâmes" l. 23

Manifestations d'un bouleversement sensible de l'environnement, avec des "souffles" qui se lèvent (le terme de souffle se rapporte au langage mystique) ; la "brèche" est un autre symbole d'une rupture de l'environnement qui amène à la révélation mystique.

 

B. Vers une nouvelle sensualité du personnage

Ce bouleversement mystique est d'ordre sensuel : le personnage de Michel se sent mieux : "J'oubliais ma fatigue et ma gêne" l. 19. Il ressent une révélation sensuelle : "Je marchais dans une sorte d'extase, d'allégresse silencieuse, d'exaltation des sens et de la chair" – dans cette phrase, notons la gradation entre les différents éléments dans lesquels Michel évolue, de l'extase à l'allégresse à l'exaltation. Cette gradation est renforcée par une gradation des compléments : l'extase est seule, l'allégresse est qualifiée de silencieuse, alors que l'exaltation est complétée de deux compléments du nom, "des sens et de la chair". Enfin, la gradation est aussi syllabique.

Le personnage de Michel connaît une révélation, cette révélation est d'ordre sensuel : "l'exaltation des sens et de la chair" sort du registre mystique de "l'extase". Michel connaît un bouleversement sexuel.

La multiplication des images sexuelles dans le texte est un autre indice qui va dans ce sens : les palmiers, auxquels il est souvent fait allusion, sont un symbole phallique, tandis que la brèche dans le mur évoque la pénétration ; d'autant que le lieu dans lequel le personnage entre est un lieu de délices : "c'était un lieu plein d'ombre et de lumière ; tranquille, et qui semblait à l'abri du temps" l. 24.

 

C. La révélation homosexuelle

Le bouleversement sensuel que vit Michel annonce une révélation homosexuelle, incarnée par le personnage du jeune berger. Les tourterelles, oiseaux symbolisant l'amour, sont une première indication de ce bouleversement : "Par-dessus les murs, des palmiers. A notre approche, des tourterelles y volèrent." (l. 17 – 18) ; "appel discret des tourterelles" (l. 26) : les tourterelles guident Michel vers le jeune garçon.

De même, cet "appel" des tourterelles se double du chant de la flûte, dont joue le jeune berger, également mentionné à deux reprises : la première écoute de ce chant de flûte a lieu après que l'environnement du personnage ait changé : "puis l'air entier redevint calme, et j'entendis distinctement, derrière le mur, un chant de flûte" l. 22 – 23 ; "appel discret des tourterelles, chant de flûte dont un enfant jouait" l. 26 – 27.

La figure du jeune garçon est elle-même marqué par une grande sensualité : il est "presque nu" (l. 28), et il est assis "sur le tronc d'un palmier abattu" (l. 28), symbolisant alors la sexualité hétérosexuelle vaincue du personnage de Michel.

Enfin, il est caractérisé par une certaine mystique ; qui trouve un écho dans les dernières lignes du texte, dans une phrase qui reflète le calme du personnage, d'autant que le pronom "il" n'est mentionné qu'une fois, pour les trois verbes qui y sont rattachés : "il ne se troubla pas à notre approche, ne s'enfuit pas, ne cessa qu'un instant de jouer" (l. 28 – 29).

 

Conclusion

La promenade de santé, dans laquelle Marceline entraîne Michel afin d'aider à son rétablissement, mènera les deux personnages dans un espace merveilleux, à la fois exceptionnel, universel et onirique, dans lequel le personnage de Michel vivra une révélation mystique, qu'on suppose être un bouleversement sexuel, en forme de révélation homosexuelle. André Gide s'était refusé à qualifier l'Immoraliste de roman, préférant lui attribuer le qualificatif de récit ; or, ce passage semble effectivement correspondre au thème du récit autobiographique, Gide, jeune marié, ayant également découvert en Afrique du Nord la sensualité homosexuelle.

 

DISSERTATION

Dans un roman, la description des lieux environnant les personnages a-t-elle pour seule fonction de traduire les sentiments de ces personnages ? Vous répondrez à cette question en vous aidant d'exemples tirés du corpus et de vos connaissances personnelles.

NB. Nous vous proposons ici un plan, répondant au sujet de dissertation. Les articulations de ce plan, destinées à guider votre réflexion, ne devaient en aucun cas apparaître sur votre copie. Par ailleurs, gardez à l'esprit que d'autres plans cohérents, illustrés d'exemples différents, étaient bien entendu envisageables.

 

Introduction

On ne saurait réduire l'espace romanesque à la seule description des personnages et de leurs actions : si le roman se peuple de personnages, il leur offre également un cadre dans lequel évoluer, et ces lieux environnant les personnages jouent bien entendu un rôle par rapport à ce personnage. Ainsi, on remarque dans nombre d'œuvres romanesques que la description des lieux environnant les personnages a pour fonction de traduire les sentiments des personnages en question : elle donnerait au lecteur les clés pour pénétrer leurs émotions. Pourtant, la description des lieux entourant les personnages ne saurait exister que par, et pour, les personnages ; ses fonctions dépassent celle de simple prolongement du protagoniste.

En quoi peut-on dire que la fonction de la description des lieux environnant les personnages romanesques n'est pas seulement de traduire ses sentiments ?

Si la description du cadre dans lequel évolue le personnage traduit effectivement ses sentiments, elle a aussi pour fonction de donner des informations au lecteur sur l'univers romanesque. Enfin, la description des lieux traduit également les sentiments et les pensées de l'auteur, ou de la vision artistique à laquelle il se réfère.

 

I. La description des lieux environnant le personnage a souvent pour fonction de traduire les sentiments du personnage romanesque

A. Les descriptions des lieux sont souvent la transcription des sentiments du personnage

ex. extrait de la Chartreuse de Parme de Stendhal (texte A)

 

B. Au contraire, certaines descriptions peuvent également traduire par défaut les sentiments du personnage

La description d'un paysage en décalage avec les sentiments du personnage romanesque permet de sous-entendre le manque de sensibilité du personnage romanesque.

ex. L'Etranger de Camus, description de la plage du meurtre

 

II. Cependant, la description des lieux confie également au lecteur attentif des informations sur l'univers romanesque

A. La description des lieux offre au lecteur une plongée dans un cadre social ou historique précis

C'est une autre fonction traditionnelle de la description

ex. les Chouans de Balzac, Guerre et paix de Tolstoï, Salammbô de Flaubert... Ces ouvrages, qui cherchent à décrire une réalité historique, sont émaillés de descriptions permettant au lecteur de reconstruire cette réalité historique. Ce faisant, ils offrent également une manière de qualifier le personnage romanesque.

 

B. La description des lieux peut être l'occasion pour l'auteur d'introduire une suite au texte

La description des lieux environnant le personnage permet également à l'auteur de glisser des informations à propos de la suite du texte.

ex. Extrait de l'Immoraliste de Gide (texte C), certains indices laissent deviner un changement

ex 2. Extrait des Mémoires d'Hadrien de Yourcenar (texte D), les bouleversements du ciel laissent présager les bouleversements historiques que connaîtra Hadrien

ex 3. Dernières lignes de l'extrait de Paris de Zola (texte B) ; "... la moisson future de vérité et de justice".

 

III. Enfin, la description du cadre entourant les personnages, même s'il les caractérise, ne traduit-il pas avant tout les sentiments de l'auteur ?

La description des lieux dans le roman caractérise aussi les sentiments de l'auteur, ou sa vision de la littérature.

 

A. La description des lieux traduit les sentiments de l'auteur

ex. Zola et Paris : le romancier a souvent décrit Paris inondé de soleil, montrant ainsi son admiration pour la ville : ex. Extrait de Paris (texte B), ou passage de la Curée dans lequel les personnages observent la même vue de Paris, depuis Montmartre. Mais il a aussi décrit Paris terrible, un soir d'orage ; ex. L'Œuvre

La récurrence des descriptions de Paris dans l'œuvre zolienne nous aide à percevoir l'idée de grandeur qu'il place derrière la ville des lumières.

Ex 2. La description de l'Algérie dans l'extrait de l'Immoraliste (texte C) ; une Algérie onirique et mystique, semblable à l'expérience autobiographique de l'auteur.

 

B. La description des lieux est parfois l'expression d'un mouvement littéraire qui sous-tend l'œuvre

Enfin, la description des lieux traduit une vision artistique de l'auteur, parfois relative au mouvement littéraire dans lequel il s'inscrit.

ex. Flaubert écrit, pour Madame Bovary, un texte dans lequel Emma observe la campagne de Rouen à travers plusieurs éclats de verre colorés : ce qui correspond à sa vision du réalisme, non pas comme traduction immédiate d'une réalité extérieure, mais comme compréhension que la réalité est variable, et doit être présentée au lecteur dans sa multiplicité.

Ex 2. Certaines oeuvres privent leurs personnages de descriptions des lieux dans lesquels ils évoluent, cela correspond à leur vision du roman ; ex Nadja d'André Breton et le surréalisme.

 

Conclusion

La description de l'environnement des personnages permet effectivement de traduire ses sentiments, en se montrant en adéquation avec les sentiments du personnage, ou au contraire en montrant le décalage du personnage avec le cadre dans lequel il évolue. Pourtant, la description des lieux environnant les personnages ne saurait avoir pour seule fonction de qualifier le personnage : elle permet également d'informer le lecteur sur l'univers romanesque, en lui donnant des clés pour le comprendre. Enfin, cette description des lieux traduit les sentiments de l'auteur par rapport à ce lieu, voire plus généralement sa vision artistique. La description des lieux n'est donc pas entièrement subordonnée au protagoniste romanesque, elle ne saurait être considérée comme un simple prolongement de sa description. Au contraire, elle décrit et fait vivre l'univers romanesque dans son ensemble.

 

INVENTION

Imaginez que le texte d'Emile Zola commence par "Marie eut un cri d'effroi, montrant Paris du geste". A partir de cette phrase d'amorce, proposez une autre vision de la ville ; vous décrirez ce que voit et ressent le personnage.

 

Conseils pour bien aborder ce sujet d'invention

Dans le texte de Zola, la description de la ville est intimement liée aux émotions ressenties par le personnage romanesque. Aussi, si Marie est effrayée par la ville de Paris, et que celle-ci doit être décrite de manière péjorative, le candidat ne devait pas oublier de décrire les sensations négatives vécues par les personnages.

Par ailleurs, imaginer une sorte de dialogue entre le paysage et les personnages, une réaction d'un personnage face à un changement dans le paysage même, par exemple, était une bonne idée.

Enfin, afin de réussir l'exercice, le candidat devait mobiliser un vocabulaire riche et varié, afin d'évoquer la richesse de la ville de Paris – même dans sa laideur – et son impact sur les personnages.

Fin de l'extrait

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