Bac blanc de Français: le théâtre, texte et représentation - Français - Première S

Bac blanc de Français: le théâtre, texte et représentation - Français - Première S

    Ce bac blanc de Français vous est proposé par digiSchool bac avec les corrigés. C’est un bac blanc pour les séries ES et S. N’hésitez pas à vous entraîner avec et à vérifier vos réponses ensuite.   

Bac blanc de Français: le théâtre, texte et représentation - Français - Première S

Le contenu du document


    Ce bac blanc de Français s’intéresse au genre théâtral car dès la présentation du corpus on se rend compte qu’il n’y a que des textes de théâtre, mais d’époques différentes. On trouvera donc un extrait du Bourgeois Gentilhomme de Molière, de On purge bébé de Georges Feydeau et enfin de J. Romains, Knock ou le Triomphe de la médecine. On remarque donc dès le début du bac blanc que l’on parlera de la médecine à travers le genre théâtral.


    Vous devrez répondre à deux questions : n’oubliez pas qu’il faut argumenter vos réponses. Ensuite, vous avez au choix trois exercices à faire : vous devrez soit commenter le texte de J. Romains, soit faire une dissertation sur le fait que le théâtre reflète la réalité des relations humaines dans la société. Le dernier exercice proposé est une écriture d’invention où vous devrez écrire un dialogue de comédie. N’oubliez pas que vous ne devez faire qu’un exercice sur les trois proposés.


    Vous avez ensuite le corrigé du bac blanc où vous trouverez des remarques préliminaires sur le corpus présenté. Ensuite, vous avez les réponses aux questions avec un petit rappel des enjeux de ces questions. 
    Pour les exercices au choix, vous trouverez les corrigés détaillés de chacun : l’introduction est composée de trois parties, et chaque partie du développement est développée en 3 sous parties. Le corrigé est très détaillé. Quant à l’écriture d’invention, vous trouverez des indications très claires sur la compréhension du sujet mais aussi sur les critères de réussite requis. 

    Avec ce bac blanc, vous êtes sûrs de pouvoir vous entraîner correctement car les réponses vous sont fournies avec des indications précises. Cela ne peut que vous être utile !

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Objet d'étude : le théâtre, texte et représentation

Textes :

Texte A  - Molière, Le Bourgeois gentilhomme, Acte II, scène 4 (1670) 
Texte B - G. Feydeau, On purge bébé, 1910 (extrait)
Texte C - Jules Romains, Knock ou le Triomphe de la médecine, acte II, scène 4, 1923 (extrait)

 

Texte A - Molière, Le Bourgeois Gentilhomme, Acte II, scène 4, 1670.

Monsieur Jourdain est un bourgeois enrichi qui rêve d'imiter la noblesse de la cour du roi. Il prend toutes sortes de leçons.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Que voulez-vous donc que je vous apprenne ?

MONSIEUR JOURDAIN. - Apprenez-moi l'orthographe.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Très volontiers.

MONSIEUR JOURDAIN. - Après, vous m'apprendrez l'almanach, pour savoir quand il y a de la lune et quand il n'y en a point.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Soit. Pour bien suivre votre pensée et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer selon l'ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j'ai à vous dire que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles parce qu'elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes parce qu'elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les différentes articulations des voix. Il y a cinq voyelles ou voix : A, E, I, O, U.

MONSIEUR JOURDAIN. - J'entends tout cela.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - La voix A se forme en ouvrant fort la bouche : A.

MONSIEUR JOURDAIN. - A, A. Oui.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - La voix E se forme en rapprochant la mâchoire d'en bas de celle d'en haut : A, E.

MONSIEUR JOURDAIN. - A, E, A, E. Ma foi ! oui. Ah ! que cela est beau !

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Et la voix I en rapprochant encore davantage les mâchoires l'une de l'autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles : A, E, I.

MONSIEUR JOURDAIN. - A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science !

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - La voix O se forme en rouvrant les mâchoires, et rapprochant les lèvres par les deux coins, le haut et le bas : O.

MONSIEUR JOURDAIN. - O, O. Il n'y a rien de plus juste. A, E, I, O, I, O. Cela est admirable! I, O, I, O.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - L'ouverture de la bouche fait justement comme un petit rond qui représente un O.

MONSIEUR JOURDAIN. - O, O, O. Vous avez raison, O. Ah ! la belle chose, que de savoir quelque chose !

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - La voix U se forme en rapprochant les dents sans les joindre entièrement, et allongeant les deux lèvres en dehors, les approchant aussi l'une de l'autre sans les joindre tout à fait : U.

MONSIEUR JOURDAIN. - U, U. Il n'y a rien de plus véritable : U.

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Vos deux lèvres s'allongent comme si vous faisiez la moue : d'où vient que si vous la voulez faire à quelqu'un, et vous moquer de lui, vous ne sauriez lui dire que : U.

MONSIEUR JOURDAIN. - U, U. Cela est vrai. Ah ! que n'ai-je étudié plus tôt, pour savoir tout cela ?

MAITRE DE PHILOSOPHIE. - Demain, nous verrons les autres lettres, qui sont les consonnes.

 

 

Texte B - Georges Feydeau, On purge bébé, 1910.

 Rose est femme de ménage chez les Follavoine.

FOLLAVOINE - Au fait, dites donc, vous ...!

ROSE - Monsieur ?

FOLLAVOINE - Par hasard, les ... les Hébrides1 ... ?

ROSE, qui ne comprend pas - Comment ?

FOLLAVOINE - Les Hébrides ? ... Vous ne savez pas où c'est ?

ROSE, ahurie - Les Hébrides ?

FOLLAVOINE - Oui.

ROSE - Ah ! non ! ... non ! (Comme pour se justifier). C'est pas moi qui range ici ! ... C'est Madame.

FOLLAVOINE, se redressant en fermant son dictionnaire sur son index de façon à ne pas perdre la page - Quoi ! quoi, "qui range" ! Les Hébrides ! ... des îles ! bougre d'ignare2 ! ... de la terre entourée d'eau ... vous ne savez pas ce que c'est ?

ROSE, ouvrant de grands yeux - De la terre entourée d'eau ?

FOLLAVOINE - Oui ! de la terre entourée d'eau, comment ça s'appelle ?

ROSE - De la boue ?

FOLLAVOINE, haussant les épaules - Mais non, pas de la boue ! C'est de la boue quand il n'y a pas beaucoup de terre et pas beaucoup d'eau ; mais quand il y a beaucoup de terre et beaucoup d'eau, ça s'appelle des îles ! 

ROSE, abrutie - Ah ?

FOLLAVOINE - Eh ! bien, les Hébrides, c'est ça ! c'est des îles ! par conséquent, c'est pas dans l'appartement.

ROSE, voulant avoir compris - Ah ! Oui ! ... c'est dehors ! 

FOLLAVOINE, haussant les épaules - Naturellement ! ... c'est dehors !

ROSE - Ah ! Ben, non ! Non, je les ai pas vues.

FOLLAVOINE, quittant son bureau et poussant familièrement Rose vers la porte. - Oui, bon, merci, ça va bien ! 

ROSE, comme pour se justifier. - Y a pas longtemps que je suis à Paris, n'est-ce pas ?

FOLLAVOINE - Oui ! ... oui, oui ! 

ROSE - Et je sors si peu !

FOLLAVOINE - Oui ! ça va bien ! Allez ! ... Allez retrouver Madame.

ROSE - Oui, Monsieur ! (Elle sort).

FOLLAVOINE - Elle ne sait rien, cette fille ! rien ! qu'est-ce qu'on lui a appris à l'école ? "C'est pas elle qui a rangé les Hébrides" ! Je te crois, parbleu ! (Se replongeant dans son dictionnaire). "Z'Hébrides ... Z'Hébrides ...". C'est extraordinaire ! je trouve zèbre, zébré, zébrure, zébu ! ... Mais les Z'Hébrides, pas plus que dans mon œil ! Si ça y était, ce serait entre zébré et zébrure. On ne trouve rien dans ce dictionnaire !

 

  1. Les Hébrides sont des îles situées à l'ouest de l'Ecosse.
  2. Bougre d'ignare : ignorante.

 

Texte C – Jules Romains, Knock ou le Triomphe de la médecine, acte II, scène 4, 1923 (extrait)

Knock, la dame en noir.

KNOCK : Ah! voici les consultants. (A la cantonade.) Une douzaine, déjà? Prévenez les nouveaux arrivants qu'après onze heures et demie je ne puis plus recevoir personne, au moins en consultation gratuite. C'est vous qui êtes la première, madame? (Il fait entrer la dame en noir et referme la porte.) Vous êtes bien du canton?

 LA DAME EN NOIR : Je suis de la commune.

 KNOCK : De Saint-Maurice même?

 LA DAME : J'habite la grande ferme qui est sur la route de Luchère.

 KNOCK : Elle vous appartient?

 LA DAME : Oui, à mon mari et à moi

 KNOCK : Si vous l'exploitez vous-même, vous devez avoir beaucoup de travail?

 LA DAME : Pensez, monsieur! dix-huit vaches, deux bœufs, deux taureaux, la jument et le poulain, six chèvres, une bonne douzaine de cochons, sans compter la basse-cour.

 KNOCK : Diable! Vous n'avez pas de domestiques?

 LA DAME : Dame si. Trois valets, une servante, et les journaliers dans la belle saison.

 KNOCK : Je vous plains. Il ne doit guère vous rester de temps pour vous soigner?

 LA DAME : Oh! Non.

 KNOCK : Et pourtant vous souffrez.

 LA DAME : Ce n'est pas le mot. J'ai plutôt de la fatigue.

 KNOCK : Oui, vous appelez ça de la fatigue. (Il s'approche d'elle.) Tirez la langue. Vous ne devez pas avoir beaucoup d'appétit.

 LA DAME : Non.

 KNOCK : Vous êtes constipée.

 LA DAME : Oui, assez.

 KNOCK, il l'ausculte. Baissez la tête. Respirez. Toussez. Vous n'êtes jamais tombée d'une échelle, étant petite?

 LA DAME : Je ne me souviens pas.

 KNOCK, il lui palpe et lui percute le dos, lui presse brusquement les reins. Vous n'avez jamais mal ici le soir en vous couchant? Une espèce de courbature?

 LA DAME :Oui, des fois.

 KNOCK, il continue de l'ausculter. Essayez de vous rappeler. Ça devait être une grande échelle.

 LA DAME : Ça se peut bien.

 KNOCK, très affirmatif. C'était une échelle d'environ trois mètres cinquante, posée contre un mur. Vous êtes tombée à la renverse. C'est la fesse gauche, heureusement, qui a porté.

 LA DAME : Ah oui!

 KNOCK : Vous aviez déjà consulté le docteur Parpalaid?

 LA DAME : Non, jamais.

 KNOCK : Pourquoi ?

 LA DAME : Il ne donnait pas de consultations gratuites.

 Un silence.

KNOCK, la fait asseoir. Vous vous rendez compte de votre état?

 LA DAME : Non.

 KNOCK, il s'assied en face d'elle. Tant mieux. Vous avez envie de guérir, ou vous n'avez pas envie?

 LA DAME : J'ai envie.

 KNOCK : J'aime mieux vous prévenir tout de suite que ce sera très long et très coûteux.

 LA DAME : Ah! mon Dieu! Et pourquoi ça?

 KNOCK : Parce qu'on ne guérit pas en cinq minutes un mal qu'on traîne depuis quarante ans.

 LA DAME : Depuis quarante ans?

 KNOCK : Oui, depuis que vous êtes tombée de votre échelle.

 LA DAME : Et combien que ça me coûterait?

 KNOCK : Qu'est-ce que valent les veaux, actuellement?

 LA DAME : Ca dépend des marchés et de la grosseur. Mais on ne peut guère en avoir de propres à moins de quatre ou cinq cents francs.

 KNOCK : Et les cochons gras?

 LA DAME : Il y en a qui font plus de mille.

 KNOCK : Eh bien! Ça vous coûtera à peu près deux cochons et deux veaux.

 LA DAME : Ah! Là! Là! Près de trois mille francs? C'est une désolation, Jésus Marie!

 KNOCK : Si vous aimez mieux faire un pèlerinage, je ne vous en empêche pas.

 LA DAME : Oh! Un pèlerinage, ça revient cher aussi et ça ne réussit pas souvent. (Un silence.) Mais qu'est-ce que je peux donc avoir de si terrible que ça?

 KNOCK, avec une grande courtoisie. Je vais vous l'expliquer en une minute au tableau noir. (Il va au tableau et commence un croquis.) Voici votre moelle épinière, en coupe, très schématiquement, n'est-ce pas? Vous reconnaissez ici votre faisceau de Turck et ici votre colonne de Clarke. Vous me suivez? Eh bien! quand vous êtes tombée de l'échelle, votre Turck et votre Clarke ont glissé en sens inverse (il trace des flèches de direction) de quelques dixièmes de millimètre. Vous me direz que c'est très peu. Évidemment. Mais c'est très mal placé. Et puis vous avez ici un tiraillement continu qui s'exerce sur les multipolaires.

Il s'essuie les doigts.

 LA DAME : Mon Dieu! Mon Dieu!

 KNOCK : Remarquez que vous ne mourrez pas du jour au lendemain. Vous pouvez attendre.

 LA DAME : Oh! là! là! J'ai bien eu du malheur de tomber de cette échelle!

 KNOCK : Je me demande même s'il ne vaut pas mieux laisser les choses comme elles sont. L'argent est si dur à gagner. Tandis que les années de vieillesse, on en a toujours bien assez. Pour le plaisir qu'elles donnent!

 

 

 

I. Après avoir pris connaissance de l’ensemble des textes, vous répondrez d’abord aux questions suivantes. (6 points)

  • Comparez les relations entre les personnages mis en scène dans ces extraits.
  • Qu'est-ce qui rend ces trois textes comiques ? Vous justifierez votre réponse en vous appuyant sur des éléments précis.

 

II. Vous traiterez ensuite un des trois sujets au choix. (14 points)

Commentaire

Vous commenterez le texte C de Jules Romains

Dissertation 

Dans quelle mesure le théâtre reflète-t-il la réalité des relations humaines dans la société ?

Vous vous appuierez pour répondre à cette question sur les textes du corpus ainsi que sur les pièces que vous aurez lues et vos connaissances personnelles.

Écriture d’invention 

Vous écrirez un dialogue de comédie dans lequel un Monsieur Jourdain contemporain se vante devant un ami d'un savoir récemment acquis. Vous pourrez utiliser certains procédés comiques présents dans les textes du corpus.

Vous veillerez à employer un niveau de langue approprié aux personnages et à la situation.

Fin de l'extrait

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