Aimé Césaire - Discours sur le colonialisme

Aimé Césaire - Discours sur le colonialisme

Aimé Césaire, Discourt sur le colonialisme 1995

 

Mais parlons des colonisés.[…]

Sécurité ?...

Aimé Césaire - Discours sur le colonialisme

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Aimé Césaire, Discourt sur le colonialisme 1995

 

Mais parlons des colonisés.[…]

Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires.

 

J’ai parlé de contact.
Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l’homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l’homme indigène en instrument de production.

À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J’entends la tempête. On me parle de progrès, de «réalisations», de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A.Césaire (1913-2008)est un poète et homme politique français de Martinique, il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

Concept de négritude : -   apparaît en 1933, Césaire & Senghor

-       montrer la grandeur et la fierté de la civilisation noire

 

thèmes de Césaire : héros noirs + émancipation des noirs + révolution+ histoire en Afrique alors qu’il est antillais+ dénonce le colonialisme= fonde Jamafrique

 

Analyse :

èCe discours est un pamphlet. Son écriture dénonce les colonisateurs. Regard d’un français de colonie sur des colonisateurs. Marques du discours c’est une forme de poésie.

-énumérations l 3-4 : champ lex violence/ barbarie

-accumulation 1 9-12 : champ les violence/délits/injustice « mépris, méfiance, muflerie » allitération en m

-antithèse : « police » associée à « intimidation », « impôts » «  vol », élites « décérébrées » oxymore montrant que la colonialisation a des répercussion aussi sur les colonisateur  + « masses avilies »

-« mépris, méfiance, muflerie, suffisance »= sentiment de supériorité du blanc, « cultures obligatoires » allitération en r

-l.19-22 énumération, noms+ pp passifs montrent la condition des esclaves

-champ les violence/destruction  « anéantie » + «  assassinés »

-accumulation l 26-27 : « concept de négritude » avec les arts africains & culture africaine qui a étée pillée, mots en gradation, finit par « sagesse » en opposition aux autres mots, cf au colonialisme qui a fait perdre leur identité aux africains aux XVII & XVIIIème siècle, « leur vie » résume tout= point d’accroche gradation « à la vie, à la danse, la sagesse »

-double gradation : la 1er évoque l’arrachement des africains à leurs pays= possessifs, la 2éme est + générale- pas de possessif « la ». « la vie, la danse, la sagesse »= une seule et même chose, « danse »= parti prenante de leur cultureè tous ses mots se complètent, pas placés au hasard.

 

è utilisation de procédés poétique : paragraphe courts : strophes, rythme= rythme de la musique africaine, poème engagé+ lyrisme (sentiment venant du plus profond des racines), rythme tertiaire « sécurité ? culture ? juridisme » allitération en r, « pression, police, împot » allitération en p, opposition « Dieu, terre ,habitudes » opposé à « vie, vie, danse, sagesse »  rythme binaire « colonisateurs, colonisésè musicalité du texte

èchamp lexical du progrès des blancs « statistique » + «  kilométrages = réalisations matérielles. Opposition « danse, vie » à la science «  statistique »+ « équation ». Logique européenne l.16 : néologisme, sonorité voisine  « équation » « colonification » «  chosification », paronomase : idée par les sons de 2 mots, « chosification » cf aux colonisés & colonisateurs «  élites décérébrés » ds l’occident l’esclave n’est qu’1 chose (peu de valeur morale) esclave= chose

è on me lance à la tête= jugement péjoratif sur des faits neutres, dernier paragraphe : Noirs colonisés et morts à la tâche, opposition à des fait neutre «km » « statistique ». D’après Césaire, on a sacrifier des  H pour des richesses, « homme sacrifié » opposé richesse

è ce texte= 1 débat avec 1 thèse : utilisation d’antithèse accentuée par «  parler «  et « on » ( désigne les colonisateur )

è l.1.= forme de dialogue de sourd : sa parole et celle des colonisés Vs celle  des colonisateurs. Concession : les colonisateur apporte du progrès mais au prix d’énorme sacrificeso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I- Caractère poétique montre la démarche politique

a-Enumérations

Basé sur des énumérations (champ lexical violence, mots associés à leur contraire, glissements, assonances…)

Procédés écriture poétique, rythmes (binaires ou ternaires, anaphores ) : musicalité Africains

« danse » prend sa valeur : le contraire de ce que les européens

Paragraphes ressemblent à des strophes, poème lyrique

b-équation=chosification

Musicalité européens / rigidité européens

colonisation=chosification : paronomase (2 mots proches)

mathématiques : faits « ils sont morts pour des ponts, des routes »

II-Manière dont les idées s’expriment

a-Deux camps

Césaire : « moi, je »: assuré , « parlons »: porte parole des esclaves , considère la richesse de l’être humain

Colonisateurs : « on me dit » : rumeur, « lance à la tête » : péjoratif , considère la réussite économique

Dialogue de sourd entre les deux opinions, intérêts non conciliables

b-réfutation

réfute tous les arguments des colonisateurs donnés à cette époque

questions rhétoriques

« force, brutalité » : réfutation sécurité

« « fabrication (…)boys » : réfutation culture

> Force polémique : conviction de Césaire, Forme poétique : souci d’organiser sa réflexion

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin de l'extrait

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