Les oeuvres de Diderot - Français - Première S

Les oeuvres de Diderot - Français - Première S

Découvrez ce cours de français gratuit, sur les oeuvres de Denis Diderot. Cette leçon rédigée par un professeur de français est au programme de première S

 Les oeuvres de Diderot - Français - Première S

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Dans un premier temps, ce cours revient sur les oeuvres de fiction de Diderot. La seconde partie est consacrée à ses oeuvres de réflexion, comme ses essais philosophiques ou ses essais politiques. Enfin, ce cours de fançais s'intéresse aux oeuvres de dimension autobiographique de Diderot et se conclut par une oeuvre à part: l'encyclopédie de Diderot.


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Introduction

Véritable touche-à-tout littéraire, Denis Diderot s'essaya au roman, au théâtre, à l'essai, au conte, au dialogue et à la critique. Par son audace littéraire, et par la position avant-gardiste de ses idées, il révolutionna de nombreux genres.

 

OEUVRES DE FICTION

Le roman

Les quelques romans auxquels Diderot s'essaya sont marqués par une grande diversité dans les thèmes abordés.

Les Bijoux indiscrets, publié en 1748, est un roman libertin qui introduit pourtant dans le genre une dimension morale. Diderot s'oppose ainsi au libertinage amoral tel qu'il est représenté, par exemple, dans les peintures de Fragonard.

La Religieuse fût rédigé en 1780, et publié à titre posthume en 1796. Il s'agit en réalité d'une mystification littéraire : Diderot écrivit des lettres à son ami le marquis de Croismart en se faisant passer pour une religieuse voulant quitter son couvent. Cette mascarade, qui n'avait pour but initial que d'attirer de nouveau Croismart à Paris, devint une œuvre littéraire, osée par son thème comme par sa forme.

Mais c'est avec Jacques le fataliste et son maître que Diderot révolutionne réellement le genre romanesque. Il se consacre à sa rédaction à partir de 1765, jusqu'à sa mort.

Ainsi, la structure de Jacques le fataliste est inédite : le romancier utilise effectivement la technique de la digression pour étoffer son récit. Par ailleurs, la position du narrateur, omniprésent et interventionniste, est une autre invention de Diderot romancier.

 

Le théâtre

En 1757, Diderot publie Le Fils naturel, une pièce mettant en scène Dorval et Rosalie, deux amants qui ne tarderont pas à se rendre compte qu'ils sont en réalité du même sang, et que leur amour est plus familial que passionnel.

Le Père de famille, écrit en 1758, est un premier exemple de l'importance du thème de la paternité dans l'œuvre de Diderot, qui s'illustrera de nouveau dans Entretien d'un père avec ses enfants en 1781.

 

Le dialogue philosophique

Diderot est le père d'un genre littéraire tout à fait inédit : celui du dialogue philosophique. Bien que sa présentation rappelle fortement celle d'une pièce théâtrale, le dialogue s'en distingue car il n'est pas écrit pour être représenté sur scène, mais bien pour représenter en action les mécanismes de la pensée philosophique.

Son premier dialogue est le Neveu de Rameau, qui lui fût inspiré par sa rencontre avec le célèbre compositeur Jean-Philippe Rameau. Ce dialogue est une discussion à bâtons rompus entre le narrateur, "Moi", et Jean-François Rameau, "Lui".

Entretien d'un père avec ses enfants occupe une place particulière dans les dialogues de Diderot. Ecrit peu après le décès de son père et le voyage à Langres qui s'ensuivit, il est évidemment d'inspiration autobiographique. Mais il présente également une question philosophique audacieuse à l'époque : faut-il toujours respecter la loi, même lorsque celle-ci est injuste ?

Le Rêve de d'Alembert (dans lequel le philosophe développe ses idées matérialistes) et Entretien d'un philosophe avec la maréchale de *** sont deux autres dialogues importants dans l'œuvre de Diderot.

 

Le conte philosophique

Comme certains de ses contemporains (à l'instar de Voltaire), Denis Diderot s'essaya au conte philosophique. Ce genre littéraire avait pour avantage de lui permettre de défendre des idées à l'époque interdites, sans risquer la censure.

Paru à titre posthume en 1796, le Supplément au Voyage de Bougainville est probablement le conte philosophique de Diderot le plus connu. Cet ouvrage tient autant du conte philosophique que d'un autre genre cher à Diderot, le dialogue. En effet, il est conçu sous la forme d'un dialogue entre deux personnages anonymes, A et B.

Pourtant, l'évocation par A et par B d'une société tahitienne utopique est l'occasion pour l'auteur de remettre en question certains fondements de la société française du XVIIIème siècle, comme l'existence divine, ou encore la morale.

 

 

OEUVRES DE REFLEXION

L'essai philosophique

La Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, publiée en 1749, est un essai sur la vision du monde. L'auteur y défend des positions matérialistes, ce qui lui valut l'emprisonnement à la prison de Vincennes.

Dans Le Paradoxe sur le comédien (parution posthume en 1830), Diderot défend l'idée que le comédien vraiment convaincant n'est pas celui qui arrive à rentrer dans la peau du personnage qu'il incarne, mais bien celui qui arrive à feindre, à imiter le plus justement possible les émotions ressenties par ces personnages.

 

La critique d'art

Diderot est l'un des pionniers de la critique littéraire et artistique : en effet, si les œuvres contemporaines étaient déjà commentées, il est le premier à élever la critique au rang de genre littéraire. Les chroniques que son ami Grimm lui commanda pour son périodique La Correspondance littéraire, philosophique et critique évoluent pour prendre la forme de ses Salons.

Au lieu de se contenter, comme Grimm le lui avait demandé, d'écrire de simples compte-rendus des dernières expositions, Diderot rédige des commentaires sur l'art, sous forme de lettres adressées directement à Grimm. Il en rédige neuf entre 1759 et 1781.

 

L'essai scientifique

Le matérialisme de Diderot le conduisit à étudier plus précisément les sciences. Le philosophe écrivit même plusieurs essais scientifiques, comme par exemple Mémoires sur différents sujets de mathématiques, en 1748.

 

L'essai politique

L'emprisonnement de Diderot au château de Vincennes en 1749, en condamnation de ses propos matérialistes, le conduisit à une extrême prudence quant à la censure le reste de sa vie. Aussi commenta-t-il relativement peu sur la politique contemporaine.

Cependant, il exposa des idées antimonarchistes dans Histoire des deux Indes, publié anonymement en 1770 ; et il écrivit quelques autres textes abordant le thème politique, comme par exemple Essai sur les règnes de Claude et de Néron, en 1778.

 

La traduction

Diderot entra en littérature par l'intermédiaire de la traduction de la langue anglaise au français, avec la traduction d'Histoire de la Grèce de Temple Stanyan en 1742. Il effectua plusieurs autres traductions au cours de sa vie, notamment celle de l'Apologie de Socrate de Platon, en 1749, et celle de la Monadologie de Leibniz en 1765.

 

 

OEUVRES DE DIMENSION AUTOBIOGRAPHIQUE

Correspondance

De toutes les correspondances que Diderot entretînt au cours de sa vie, quelques-unes passèrent à la postérité.

Mais ce sont les lettres qu'il adressa à son amante, Sophie Volland, qui lui valurent la réputation d'être un bon épistolier.

 

Récits de voyage

Bien qu'ils restent anecdotiques dans l'œuvre de Diderot, celui-ci rédigea quelques récits de voyage, notamment un récit de son Voyage en Hollande, paru par épisodes dans la revue littéraire de Grimm, la Correspondance littéraire, de 1780 à 1782.

           

 

UNE OEUVRE A PART : L'ENCYCLOPEDIE

Origines

Le projet de l'Encyclopédie trouve son origine dans un projet de traduction, celle de l'œuvre Cyclopaedia (1728) de l'encyclopédiste britannique Ephraïm Chambers.

L'éditeur Le Breton choisit Diderot, ainsi que le mathématicien et philosophe Jean d'Alembert, pour superviser le projet colossal de la rédaction d'une encyclopédie française. Les deux hommes consacreront près de vingt ans à l'édition de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, de 1747 à 1765.

Denis Diderot, désireux, en tant qu'humaniste et philosophe des Lumières, de mettre le savoir à la portée de chacun, fait appel aux contributions des plus grands scientifiques et philosophes pour rassembler, sous forme d'articles, tous les savoirs de son époque. Mais au-delà de cette volonté de rassembler les savoirs, l'Encyclopédie aura également une dimension politique et philosophique, et les hommes des Lumières qui participent à sa composition n'hésitent pas à soutenir des idées parfois avant-gardistes.

 

L'esprit encyclopédiste

L'Encyclopédie est le livre symbolique de la période des Lumières, car il est représentatif de l'esprit des philosophes de son époque.

Le livre se montre critique envers la monarchie absolue, régime en vigueur à l'époque, puisque la France est alors gouvernée par Louis XV. On lui préfère le modèle anglais de monarchie constitutionnelle, découvert par Voltaire lors de ses séjours en Angleterre.

Par ailleurs, les encyclopédistes se positionnent clairement contre la religion dans ses excès (ainsi, ils s'opposent à l'Inquisition), et contre l'esclavage.

 

Collaborations

Les collaborateurs à l'Encyclopédie furent plus de 160, ce qui explique l'inégalité dans la qualité des articles, ainsi que les différences de style. Le collaborateur le plus prolifique fut le chevalier de Jaucourt, qui écrivit plus de 17300 articles.

Diderot, quant à lui, écrivit ou supervisa plus de cinq mille articles, dont certains firent date.

Ainsi, l'article "Droit naturel", publié en 1755, est à l'origine de la controverse avec Rousseau : Diderot défend en effet l'idée que l'homme de bien vit en société, ce qui s'oppose au thème de solitude défendu par son ami. La controverse culmine deux années plus tard lorsque Diderot écrit, dans le Fils naturel, "Il n'y a que le méchant qui soit seul."

Dans "Autorité politique", Diderot conteste directement la validité de la monarchie absolue, en écrivant pour première phrase : "Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du Ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison."

Diderot est également chargé de la rédaction de l'article "Encyclopédie", article qui devient un véritable manifeste humaniste : "J'ai dit qu'il n'appartenait qu'à un siècle philosophe de tenter une Encyclopédie; et je l'ai dit, parce que cet ouvrage demande partout plus de hardiesse dans l'esprit, qu'on n'en a communément dans les siècles pusillanimes du goût. Il faut tout examiner, tout remuer sans exception et sans ménagement; oser voir (...)"

 

Un projet éditorial ardu

Mais c'est son exceptionnel travail éditorial qui vaut à Diderot le plus de mérite, dans cette entreprise. En effet, l'Encyclopédie, par son opposition au régime en vigueur et sa remise en cause de la religion, heurte de nombreux esprits de l'époque, et Diderot sera celui qui soutînt le projet envers et contre tout.

Ainsi, après 1752, l'Encyclopédie est interdite une première fois sous la pression des Jésuites, et n'est sauvée de justesse que par l'intervention de Malesherbes au comité de censure. Après cet épisode, d'Alembert décida prudemment de ne plus se consacrer qu'aux articles concernant les mathématiques, alors que Diderot ou le chevalier de Jaucourt continuèrent à contribuer autant qu'il leur était possible à l'Encyclopédie.

De même, Diderot soutînt le projet après que le pape, Clément XIII, ait mis le livre à l'Index (l'Index Librorum Prohibitorum était à l'époque une liste de livres interdits pour les catholiques), et ait menacé tous les catholiques qui le liraient d'excommunication ; d'Alembert, en revanche, abandonna là le projet.

Puis, la censure frappant à nouveau le projet, Diderot dût continuer sa colossale entreprise éditoriale de manière clandestine, courrant ainsi des risques immenses.

 

Conclusion

Bien qu'on connaisse plus volontiers Diderot en tant qu'auteur de Jacques le fataliste, ou en tant que contributeur de l'Encyclopédie, on voit à présent qu'il est l'auteur d'une oeuvre composite, infiniment riche, et pourtant facilement accessible à la lecture.

Diderot ayant été un grand penseur, ses textes, qu'il s'agisse de dialogue, de contes ou d'essais, seront souvent étudiés dans leur dimension argumentative.

Fin de l'extrait

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